© Ile Tristan, Septembre 2020 à Douarnenez
Anita Conti s'expose sur l'île Tristan

Anita Conti s’expose sur l’île Tristan

Dans le cadre de la Semaine de la pêche et de l’aquaculture en Cornouaille, traversez à pied jusque l’île Tristan pour découvrir l’histoire de la première océanographe française grâce à un parcours photographique.

Traversée à pied

Née en 1899 dans une famille aisée, Anita Conti traverse le 20e siècle telle une aventurière. De ses passions d’enfance, elle oriente son existence : de son amour des livres, elle devient relieuse d’art ; la photographie l’amène au photojournalisme ; aimant la mer, elle devient océanographe.

Privilégiant l’expérimentation à l’approche encyclopédique, elle apprend auprès des populations et vit à leurs côtés, qu’ils soient chercheurs ou pêcheurs. Dès les années 1930 elle embarque pour de longues campagnes de pêche sur des chalutiers terre-neuvas et sur des bateaux scientifiques. De ses observations elle rédige des articles de presse qu’elle illustre de ses photographies. Tout au long de sa vie elle multiplie les embarquements et les expériences qu’elle retrace dans trois livres*, tous reconnus par les milieux scientifiques et maritimes.

Femme engagée et précurseur, Anita Conti redoute les effets de l’industrialisation de la pêche qui met en danger la ressource. Très tôt elle alerte sur les dangers de la surpêche et le gaspillage des tonnes de poissons rejetées à la mer. Elle étudie et propose des solutions alternatives comme la pêche raisonnée ou l’aquaculture.
Pour les marins qu’elle a fréquentés, elle était “La Dame de la mer”, une femme d’exception dans l’univers masculin de la pêche. Après cette longue vie guidée par la passion, riche en découvertes, en rencontres et en expériences, c’est à Douarnenez qu’Anita Conti quitte ce monde, dans la nuit de Noël 1997.

*Racleurs d’océans, 1953 – Géants des mers chaudes, 1957 – L’Océan, les bêtes et l’homme, 1971